Blue ruin

De Jeremy Saulnier
Avec Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves
USA - 2013
1h32
thriller
VOST
diffusion : 2014
P

Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu'il retourne à sa maison d'enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

Prix du jury (Festival International du Film de Marrakech 2013)

Critiques

  • L'intérêt principal du film, son scénario délicieusement tordu, s'il insiste sur le désir de l'homme de voir cesser une spirale infernale du œil pour œil, dent pour dent, s'amuse à embarquer dans l'aventure de potentielles innocentes victimes, comme la sœur, ses enfants, ou un pote, ancien soldat (personnage assez croustillant), utilisant ce dernier comme moteur de certains retournements de situations. Le réalisateur lui, joue avec nos nerfs, exploitant à merveille certains lieux, comme la maison de la sœur et celle du clan ennemi, ménageant ses angles de vue pour mieux surprendre. Entre angoisse et amusement, entre compassion et terreur, le spectateur est embarqué dans cette tourmente d'apparence sans issue, au côté de celui sans lequel Blue Ruin serait un film bien différent : l'acteur Macon Blair, cumulant, dans un intriguant mélange, un regard innocent, une attitude protectrice sans faille, et une sauvagerie difficilement canalisée. Ne pas découvrir ce personnage hors normes serait bien regrettable. www.abusdecine.com

  • Il y a quelque chose de plaisamment old school dans Blue Ruin. Peut-être dans la simplicité de son histoire de vengeance, où un quidam se retrouve victime d’un engrenage de violence, comme une réminiscence de l’âge d’or des polars hollywoodiens en noir et blanc. (…) Blue Ruin n’est pas convenu pour autant, c’est même tout l’inverse. (…) Jeremy Saulnier fait preuve d’une enthousiasmante économie d’écriture. Difficile d’expliquer sans en dire trop sur le film (mieux vaut en savoir le moins possible sur l’intrigue), mais la distillation progressive des informations crée une dynamique de suspens bien plus excitante que frustrante. C’est bien là qu’il y a également quelque chose de très moderne dans Blue Ruin : dans cette manière de jouer avec les ellipses et les absences momentanées d’explications, mais aussi dans l’habileté de Saulnier à mélanger les registres. Faire intervenir l’humour dans un pur film de genre est un exercice délicat, le piège principal consistant à tuer toute tension à coup d’ironie ou de vulgarité. Blue Ruin s’en sort admirablement, parvenant à faire rire sans jamais faire tomber son héros dans le pathétique. Cette réussite est assurément celle du comédien principal Macon Blair, qui traduit de manière assez saisissante les nuances de ce protagoniste improbable. Le film est comme lui : toujours imprévisible. www.filmdeculte.com

  • Remarqué par une comédie horrifique déjantée intitulée Murder Party (…) le jeune cinéaste Jeremy Saulnier sort de l’ornière du cinéma de genre avec son second opus, l’excellent Blue Ruin. (…) Dans sa propension à mettre en scène avec aisance la violence, dans sa thématique familiale et ses personnages qui veulent en découdre sans jamais faire appel aux autorités, Blue Ruin s’inscrit pleinement dans un cinéma américain traditionnel dont il renouvelle seulement quelques figures grâce à un humour bienvenu. À la fois tétanisant dans ses moments de pure violence et drôle dans ses dérapages volontaires, l’ensemble est porté par une excellente réalisation qui devrait faire de Jeremy Saulnier l’un des plus beaux espoirs de cette année. www.avoir-alire.com