Grave

De Julia Ducournau
Avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella
Grand prix (Gérardmer 2017) / Prix du public (PIFFF 2016, Festival européen du Film Fantastique de Strasbourg 2016) / Prix Citizen Kane du réalisateur débutant et Prix du jury Carnet Jove (Sitgès 2016)…etc
France - 2016
1h38
drame, horreur
VF
diffusion : 2017
S
P

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature...

Critiques

  • Pas de faux-semblants ici, la réalisatrice n’esquive pas son propos et choisit une mise en scène organique qui fait frémir les estomacs délicats. Cronenberg n’est d’ailleurs pas très loin. (…) Derrière l’intrigue brute se cachent de nombreuses interrogations très modernes. Le film touche autant des sujets comme notre rapport à la nourriture et aux animaux, que l’identité sexuelle, les pulsions ou le rapport entre sœurs. En se plaçant dans le registre du film de genre, Grave réussit à se placer au confluent de toutes ces thématiques sans tomber dans l’académisme ou le didactisme. Cela ne va pas sans rappeler le It Follows de David Robert Mitchell, lui aussi révélé à la Semaine de la Critique, même si Grave recherche moins la perfection mécanique dans sa mise en scène plus brute, plus sauvage. www.cinematraque.com

  • Julia Ducournau dissèque le passage à l’âge adulte, de façon troublante, s’insinuant dans les frustrations de l’outsider en pleine mutation dans un environnement où dominateurs et dominés basculent dans la folie et pervertissent les règles sociales dans une symbolique glaçante. www.avoir-alire.com

  • Julia Ducournau joue avec les codes du film d’horreur pour mieux parler d’adolescence. La forme est violente, l’excuse du cannibalisme taboue mais le résultat est tellement juste, intelligent et décalé sur les affres du rapport au corps des jeunes femmes ! Divinement filmé, avec quelques twists bien sentis sur une photo joyeusement surexposée à l’ombre des vices cachés, le film fonctionne dans un huis clos où la jeune fille bataille contre le glauque et la rentrée dans le rang. L’extraordinaire vient butter contre les codes, les normes et parler à nos peurs et dégoûts les plus profonds. Extrême et racé, jamais gratuit ni dans sa mise en scène, ni dans ses dialogues rares et qui sonnent, ce premier film concentre en 1h30 une énergie et une force époustouflants. toutelaculture.com