Green room

De Jeremy Saulnier
Avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart
Grand prix (Neuchatel - NIFFF 2015) / Sélection Quinzaine des réalisateurs (Cannes 2015)
USA - 2015
1h34
horreur, thriller
VOST
diffusion : 2016
S
P

Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock "The Ain’t Rights" accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à jouer devant une bande de skinheads peu accueillants. Alors qu’ils retournent en backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

Critiques

  • Une bande de jeunes punks inoffensifs tenus captifs après un concert chez des néo-nazis ? Ce pitch a lui tout seul devrait vous donner envie de vous ruer en salles voir l’excellent Green Room. Mais attention, si l’on est bien en plein suspens horrifique, et si le film possède effectivement quelques petites doses d’humour, on n’est pas du tout ici dans une série B ironique ou parodique. On retrouve dans Green Room tout ce qui faisait le sel de Blue Ruin, la précédente pépite de Jeremy Saulnier, à commencer par un savoir faire sérieux, à la fois old shcool et classe. Et pourtant, à bien y regarder, les personnages sont originaux et le contexte lui-même est original (le film se passe à Portland, pourtant pas dans le sud profond auquel l’horreur redneck nous avait habitués). En effet, avec suffisamment de décalages discrets dans ce genre, avec un récit bourré de surprises et de contrepieds, et surtout avec un sens de l’ellipse particulièrement excitant, Saulnier parvient à construire un suspens un béton, un huis-clos aussi passionnant qu’éprouvant. www.filmdeculte.com

  • Si le sous-texte d’une Amérique gangrénée par l’extrémisme affleure, là n’est pas vraiment le sujet recherché par Saulnier. Non, les Ain’t rights gardant la vie sauve réussissent dans le même temps à se révéler à eux-mêmes en une implacable épiphanie. En cela, le cinéaste transforme le survival gore en parcours initiatique beau et subtil, tout en préservant son côté grand-huit purificatoire. Une performance qui, sous couvert d’humour noir (rappelons que l’on nomme également Green Room l’un des trois salons de réception de la Maison Blanche) et de révolte, confirme l’importance de Jeremy Saulnier dans le cinéma indépendant américain. www.avoir-alire.com