L'ÉTRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS

AVANT-PREMIÈRE

De Hélène Cattet, Bruno Forzani
Avec Elsebeth Steentoft, Klaus Tange, Sam Louwyck
Belgique / France / Luxembourg - 2013
1h42
fantastique, thriller
VOST
diffusion : 2014
E
P

 

Une femme aux mœurs dissolues disparaît. Son mari enquête. L’a-t-elle quitté ? Est-elle morte ? Au fur et à mesure qu’il avance dans ses recherches, son appartement devient un gouffre d’où toute sortie paraît exclue...

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement.

Tarifs avant-première

Tarifs habituels (sauf étudiants et Carte culture : 4 €).

Prix

Prix spécial Ciné + Frisson (Paris International Fantastic Film Festival)

Critiques

  • Il aura fallu dix ans au duo pour façonner un scénario conçu pour perdre son spectateur au bout de quelques minutes, tout en le tenant en haleine, en le poussant à chercher à chaque instant le secret, l’explication, la réponse. Existe-t-elle ? Certainement, mais il faudra quelques visionnages pour démonter, puis remonter ce puzzle qui en déconcertera plus d’un. Cattet et Forzani ont tissé un fil d’Ariane suffisamment tendu pour ne laisser la place qu’à l’essentiel : une odyssée traumatique, où chaque repère est glissant, à double sens, chimérique, mais toujours hypnotisant. En la matière, on n’a jamais vu sur un écran un tel spectacle. (…) Étouffant de sensualité et de poésie macabre, L’Étrange Couleur… est un chef d’œuvre véritable comme le cinéma ne nous en offre que trop peu, qui va nourrir cinéphiles et cinéastes pour de très longues années. Évidemment, on pourra rester de marbre, mais c’est justement la clé du film : se laisser errer dans un vertigineux mélange de désirs et de cauchemars. www.1kult.com

  • La perte des repères est ici au cœur du récit et du film, et celle-ci n’est pas progressive mais immédiate. Récits dans les récits, songes et fantasmes s’imbriquent et se superposent dans leur logique propre dès les toutes premières minutes. À force de retours en arrière et de répétition, une certaine frustration se crée à voir les pièces du puzzle refuser de s’imbriquer. Le mystère autour de l’enquête du protagoniste ne s’épaissit pas à mesure qu’elle évolue, il s’épaissit à mesure que celle-ci stagne, et le noie. Tout cela pourrait durer une heure de plus ou de moins que l’intrigue n’en deviendrait pas plus claire. Film de cauchemar sans scène de réveil, L’Étrange couleur des larmes de ton corps va et vient entre révélations entraperçues et répétitions des mêmes indices, et pourtant cette redondance même crée à son tour une nouvelle fascination. Ironiquement, les indices narratifs parsemés en guise de dénouement, symboles sexuels et psychologiques en forme d’images subliminales, ne sont d’ailleurs pas les plus passionnantes. Comme quoi ce mystère avait du bon. Il y a de quoi se perdre et étouffer dans cet immeuble comme dans ce film, et chez d’autres réalisateurs, la richesse visuelle n’aurait servi que de luxueux cache-misère décoratif. Ici, elle n’est rien moins que fulgurante. www.filmdeculte.com

  • Il y a quatre ans, avec l’incroyable Amer, fruit de leurs expérimentations sur le format court, Hélène Cattet et Bruno Forzani frappaient très fort et hurlaient leur amour pour un cinéma alternatif en même temps qu’ils disséquaient avec précision les grands motifs du giallo. Quatre ans plus tard, ils poursuivent leur exploration avec un film à la fois plus accessible et plus extrême, entre expérience de cinéma total, délire des sens et odyssée cauchemardesque. www.filmosphere.com

  • Tout en restant fidèles à leur imaginaire de prédilection (le bis, le gore, l’expérimental, le porno-art), les cinéastes prolongent avec un désir et une furie inentamée la formule d’Amer, que l’on pourrait résumer ainsi : atteindre une extase purement sensorielle, provoquer un vertige physique et mental chez le spectateur, assailli pendant près de deux heures de visions hallucinées, où se croisent Lynch, Kenneth Anger, Stephen Sayadan et Jess Franco. (…) Les cinéastes déploient des trésors d’inventivité formelle et plongent dans l’histoire du cinéma de genre comme De Palma dans le cinéma d’Hitchcock : à la manière de conservateurs révolutionnaires, d’adulateurs iconoclastes, de suiveurs avant-gardistes. www.lesinrocks.com