Là où les putains n'existent pas

De Ovidie
France - 2017
0h56
documentaire
VF / VOST
diffusion : 2019
E
P

La tragédie d'Eva-Marree, privée de ses enfants pour prostitution puis tuée par leur père. En un réquisitoire convaincant contre un État "providence" dont aucun représentant n'a souhaité s'exprimer, la réalisatrice expose en détail l'hallucinant déni de justice qui a frappé Eva-Marree et ses enfants. Nombre de pays membres de l'Union européenne, dont la France, rappelle-t-elle aussi, ont adopté la législation suédoise criminalisant les clients de prostitué(e)s, l'autre volet selon elle d'une vision puritaine et répressive qui fragilise les travailleurs du sexe tout en affirmant les aider.

Séance proposée par Médecins du Monde Poitiers, qui sera suivie d’une discussion avec Ovidie, la réalisatrice, Irène Aboudaram et Sarah-Marie Maffesoli (de Médecins du Monde), Anaïs de Lenclos (travailleuse du sexe et porte-parole du Syndicat du Travail du Sexe) et Muriel Douru (illustratrice et autrice de livres pour enfants et
adultes).

ENTRÉE LIBRE.

Critiques

  • En interrogeant l’entourage d’Eva-Marree (associatifs, avocats, militants et amis), Ovidie révèle les dérives d’un système puritain, faussement égalitaire. Elle dénonce les services sociaux qui agissent dans la plus grande impunité et mènent la vie dure aux prostituées. En Suède, sous couvert d’une loi censée protéger les travailleuses du sexe, celles-ci sont traitées comme des irresponsables, privées de certains droit, et obligées de suivre des thérapies de rééducation. À la croisée du récit intime et de l’enquête sociologique, ce film engagé met à mal la perfection d’un modèle encensé dans le monde entier. www.cineserie.com

  • À travers les témoignages de la mère d’Eva-Marree et de ses proches, Ovidie montre, avec cette histoire kafkaïenne, la violence exercée par un État-providence tout-puissant. Un État qui considère qu'« on ne peut être mère et putain à la fois », nous dit la réalisatrice en voix off. Un peu ambitieux dans la quantité des sujets soulevés (les violences conjugales et leur traitement médiatique, la prostitution, les droits des enfants…), le docu prend presque des allures de dystopie flippante quand il montre une séance de « thérapie de rééducation » imposée par l’État aux ex-prostituées exhortées à se repentir et à leurs clients. Une politique abolitionniste poussée à l’extrême qui fait consensus dans le pays et qui s’exporte : la France a adopté la pénalisation des clients en 2016, une loi dénoncée ici aussi par les travailleurs du sexe. next.liberation.fr

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