La fiancée du pirate

De Nelly Kaplan
Avec Bernadette Lafont, Georges Géret, Michel Constantin
France - 1969
1h47
drame
VF
diffusion : 2018
E
P

Quand Marie et sa mère sont arrivées à Tellier, nomades et sans-papiers, elles y ont soit-disant été généreusement accueillies. En fait, les notables du village les exploitent pour les travaux les plus pénibles, allant jusqu'à exercer une sorte de droit de cuissage. Un jour, la mère de Marie se fait écraser par un chauffard. Après avoir porté la morte dans la cabane misérable où elle vivait avec sa fille, l'adjoint M. Le Duc, le pharmacien M. Paul, le garde-champêtre Duvalier estiment qu'ils déclareront le décès comme « mort naturelle », aucun d'eux ne voulant d'une enquête de la gendarmerie qui risquerait de révéler les conditions inhumaines dans lesquelles tout Tellier maintenait les deux femmes. Ç'en est trop pour Marie, qui décide de se venger.

La projection du lundi 4 juin sera précédée d’un pot convivial (à partir de 20h30).

Critiques

  • Le revenge movie des cambrousses, tourné en 1968 avec un budget famélique, a lui aussi pris sa revanche sur le pauvre destin que les nantis du cinéma d’alors promettait à cette réalisation franchouillarde et vulgaire d’une quasi-inconnue. Même après les événements de mai, aucun producteur ne cracha au bassinet de ce récit buñuelien où rednecks et white trash façon picarde faisaient le portrait outrancier d’une France rancie, bigote et fermée sur elle-même. Sorti dans deux salles parisiennes, le film devient culte ; la légèreté et l’ironie de Bernadette Lafont n’y sont pas pour rien, et les cabotinages d’une joyeuse bande d’excellents acteurs qui jouent cette comédie humaine sans se la raconter. www.critikat.com

  • Le film semble débuter comme un drame social et naturaliste mais tourne rapidement à la farce. Bien entendu, on peut le replacer dans l’esprit Mai 68 et le désir de bousculer l’ordre social, mais il ne développe aucune grande théorie. Il fustige surtout la bêtise, l’hypocrisie et la sexualité primitive de l’hominidé mâle… Marie retourne à son avantage le « droit de cuissage collectif » dont elle est la victime et, malgré l’arme qu’elle emploie dans ce but, le film a indéniablement une portée féministe. L’art de Nelly Kaplan est d’avoir fait de cette régénération une fable surréaliste à la Buñuel où l’humour est omniprésent ; le récit en devient jubilatoire. Et tout cela sur l’air de Barbara qui chante « Moi, je me balance… » films.blog.lemonde.fr