Blue collar

De Paul Schrader
Avec Harvey Keitel, Richard Pryor, Yaphet Kotto
USA - 1978
1h55
drame
VOST
diffusion : 2014
P

Détroit, 1970. Employés dans une usine automobile, Zeke, Jerry et Smokey en ont marre de trimer comme des forçats pour nourrir (à peine) leurs familles. Les trois compères aux abois décident de braquer leur syndicat et découvrent, dans le coffre qu'ils emportent, un carnet qui prouve l’existence de magouilles financières.

Critiques

  • En cette fin des années 70, Paul Schrader est surtout connu comme scénariste de Martin Scorsese (il vient de dégoupiller la bombe Taxi Driver) et de Sidney Pollack (Yakusa). Pourtant, l’artiste décide de passer à la réalisation avec un thème hautement politique, à savoir la dénonciation du pouvoir de plus en plus scandaleux des syndicats à l’intérieur de l’industrie américaine. Il ne s’agit pas d’un manifeste libéral réactionnaire visant à nuire au syndicalisme, mais bien plutôt une attaque frontale envers des organisations syndicales gangrenées par le crime organisé. (…) Paul Schrader ne cherche aucunement à tourner un film à thèse et n’oublie jamais de divertir le public avec des situations tour à tour amusantes et énervantes. (…) Si le film fut renié par son auteur à cause de son impitoyable échec commercial et de la mauvaise ambiance sur le tournage, il doit impérativement être redécouvert de nos jours pour la pertinence d’un propos échappant aux querelles partisanes. www.avoir-alire.com

  • Singulier, Blue Collar l’est par son sujet et sa mixité sociale. Si le cinéma américain de la fin des années 1970 se frotte régulièrement aux sujets sociaux, et même au syndicalisme (l’année suivant la sortie du film, Sally Field gagnera un Oscar en jouant Norma Rae chez Martin Ritt), peu de films s’intéressent à la face sombre des organisations prolétaires, à la corruption et au désœuvrement social qui découle de ces abus. (…) Schrader double la mixité raciale d’une mixité des genres, où se côtoient le thriller policier, la comédie (…) et la chronique sociale. Le syncrétisme fonctionne, les ponts se tendent et rarement la désillusion d’une certaine Amérique ouvrière aura pris forme avec autant de vérité. www.cinematraque.com