9 doigts

De Francois-Jacques Ossang
Avec Paul Hamy, Pascal Greggory, Gaspard Ulliel
Prix de la mise en scène (Locarno 2017)
France, Portugal - 2017
1h39
thriller
VF
diffusion : 2017
P

La nuit, dans une gare, un homme du nom de Magloire prend la fuite. Sans bagages et sans avenir. Comme il tombe sur un paquet d'argent, les ennuis commencent. Une bande est à ses trousses, dont il finit otage, puis complice. C'est la bande de Kurtz. Suite à un braquage raté, ils embarquent tous à bord d'un cargo dont le tonnage suspect est aussi volatile que mortifère. Rien ne se passe comme prévu - le poison et la folie gagnent le bord. Les hommes de Kurtz s'avèrent être les jouets d'une machination conduite par le mystérieux « 9 Doigts  »...

Critiques

  • Véritable OVNI sur le fond comme sur la forme, cet étrange long-métrage est le fruit d’un artiste multiple. Alors, faisons-lui confiance pour nous embarquer dans une fresque lyrique déjantée et, pourquoi pas, de chercher la clef de son film noir labyrinthique. www.avoir-alire.com

  • Le spectateur aussi doit larguer les amarres pour goûter ce mystérieux film-trip, tourné sur pellicule et en noir et blanc, comme un défi à la standardisation de notre époque numérique. C’est la grâce perdue du cinéma muet qui ­renaît dans ces images dont la beauté nous transporte et suffit à nous faire voyager. Il y passe une poésie qui fait du cargo de l’histoire un digne héritier du Bateau ivre de Rimbaud. Les acteurs font, eux, l’effet d’apparitions. [...] Paul Hamy, qu’on a vu dans L’Ornithologue de João Pedro Rodrigues, donne au personnage de Magloire une telle aura romantique qu’il en devient comme un mirage. Ossang a de sacrées visions. www.telerama.fr

  • Huit ans après Dharma Guns (2011), l’astéroïde François-Jacques Ossang (dit « F. J. »), précieuse anomalie du cinéma français, revient obombrer les écrans d’un nouveau dédale filmique en noir et blanc [...].9 doigts fascine pour son imaginaire à géométrie variable, infiniment instable et mouvant, sous la forme d’une traversée statique et, on le devine, intérieure, dont émanent des bouffées paranoïaques et délirantes. www.lemonde.fr

  • On a déjà tout dit/tout lu sur F.J Ossang, sorcier du cinéma français à la fois réal, poète, musicien, créateur de la revue «Cée» dans les années 70. Mais on ne cessera de répéter à quel point son cinéma est beau, fragile, téméraire, précieux, tel un astre dans le cinéma français. Que l’on adhère ou pas, il ne ressemble à rien de connu. [...] Du cinéma d’esthète, hors-système, à l’insolente poésie industrielle. Soit on admire, soit on s’énerve; dans les deux cas de plus en plus. Mais l’on ne saurait vous conseiller de faire le test en salles de ce revigorant film-poème aux allures d’élégie, il promet de vous estourbir pour mieux vous faire traverser les limbes. Franchement, ce n’est pas rien. www.chaosreigns.fr

  • Sorte de fuite en avant labyrinthique alignant les rebondissements à la pelle et jouant constamment autant avec nos nerfs que nos certitudes, pour son cinquième long-métrage, François-Jacques Ossang tord son histoire (en apparence classique et linéaire) et les codes pour mieux accoucher d'un songe hypnotique aussi poétiquement anxiogène et macabre qu'il est d'une singularité séduisante au sein d'un septième art français loin d'être habitué à produire de telles expériences cinématographiques. Esthétiquement atypique et somptueux, porté par un casting impliqué et des dialogues totalement abstraits, 9 Doigts est un film punk, référencé et anticonformiste jusqu'au bout de la pellicule, qui perd ses personnages autant que son auditoire pour mieux faire une force de cette confusion générale aussi maitrisée que grisante. fuckingcinephiles.blogspot.fr

  • Film noir, SF, cinéma d’aventures et surtout épopée romanesque : après un Dharma Guns qui cherchait sa voie entre expérimentation et thriller, F.J. Ossang fait feu de tout bois dans son nouvel opus au délicieux parfum feuilletonnesque. Des cartons rythment même les péripéties de ces étranges pieds nickelés, entraînés dans une aventure plus grande qu’eux. A la manière des surréalistes, adorateurs du Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain, Ossang se sert des genres pour créer un univers poétique, où les dialogues, ciselés et semblant appartenir à une autre époque, sont placés dans la bouche de comédiens parfaitement castés. www.bande-a-part.fr