Takara

La nuit où j’ai nagé

De Damien Manivel et Kohei Igarashi
Avec Takara Kogawa, Keiki Kogawa, Takashi Kogawa
COUP DE COEUR DIETRICH !
France, Japon - 2018
1h18
comédie, drame
Sans parole
diffusion : 2018
S
P

Les montagnes enneigées du Japon. Comme chaque nuit, un poissonnier part travailler au marché en ville. Takara, son fils de six ans, n'arrive pas à se rendormir. Dans la maison silencieuse, le petit garçon dessine un poisson sur une feuille qu'il glisse dans son cartable. Le matin, sa silhouette ensommeillée s'écarte du chemin de l'école et zigzague dans la neige, vers la ville, pour donner le dessin à son père.

 

Critiques

  • Le rapport au temps dans La Nuit où j'ai nagé a quelque chose de magique, ici réellement à hauteur d'enfant : la nuit ne semble jamais s'achever, le jour jamais venir, la journée d'école buissonnière s'étire à l'infini. Cela paraît petit, mais le sens de la narration est d'une pureté toute poétique, débarrassée du superflu pour saisir toute la sensibilité et la spontanéité du sujet. C'est un peu la rencontre d'un Nobody Knows, avec cette mini-épopée secrète d'un gosse japonais, et d'un Toy Story, avec la vie secrète là aussi d'un gamin pendant que son père est au travail, dans un film d'une rare délicatesse et qui passe comme un songe. www.filmdeculte.com

  • Un garçonnet qui ne voit jamais son père (ce dernier, poissonnier, part aux aurores et revient quand son fils dort) décide un jour de faire l'école buissonnière pour lui apporter un dessin. A partir de cette idée toute simple, le tandem Manivel-Igarashi brode un film d’errance à hauteur d’enfant, héritier du Petit Fugitif et des Quatre cent coups. C'est très minimaliste : absence de dialogue, plans fixes, intrigue épurée au maximum. [...] Mais, pour peu qu’on accepte ce rythme, s’offre alors à nous une micro-odyssée stimulante, sensitive, truffée d’astuces de mise en scène [...], à la fois cocasse et mélancolique. www.premiere.fr

  • Filmé en très beaux plans fixes et jouant à merveilles des ambiances sonores, La Nuit où j'ai nagé est une oeuvre tissée avec un grand art de la simplicité allusive. Souvent drôle et sachant ménager en douceur un minimum de suspense autour de son fil conducteur ultra-réaliste, le film a presque l'allure d'un conte poétique des temps modernes sur les liens profonds unissant deux êtres et sur le monde contemporain qui les sépare, un espace qui semble infranchissable et qui pourtant ne l'est pas dans l'âme innocente d'un enfant. cineuropa.org

  • On avait laissé Damien Manivel dans un Parc. On le retrouve au Japon en compagnie du réalisateur natif Kohei Igarashi, dans un film muet, chaplinesque. [...]. Suite de situations cocasses et attendrissantes arrivant à son petit protagoniste en combinaison courte, cette co-réalisation transnationale n’est pas sans rappeler Le Voyage au Groenland de notre Sébastien Betbeder national par sa ligne claire délibérément naïve et bédéphile. Un petit délice de poésie burlesque à la sauce nippone. www.chacuncherchesonfilm.fr