A girl walks home alone at night

De Ana Lily Amirpour
Avec Sheila Vand, Arash Marandi, Marshall Manesh
PREMIER FILM / Prix de la Révélation Cartier (Deauville 2014)
Iran, USA - 2014
1h40
romance, thriller
VOST
diffusion : 2015
P

Dans la ville étrange de Bad City, lieu de tous les vices où suintent la mort et la solitude, les habitants n’imaginent pas qu’un vampire les surveille. Mais quand l’amour entre en jeu, la passion rouge sang éclate…

Critiques

  • Oubliez tout ce que vous avez entendu ces dernières années en matière de film de vampires. Mis à part le très envoûtant et addictif film de Jim Jarmush, Only Lovers Left Alive, qui utilise également l’errance nocturne comme leitmotiv, le film trouve son inspiration bien loin des films vampiriques à gros budgets et prend racine dans un héritage cinématographique où les ombres de David Lynch et de Sergio Leone se laissent apercevoir. A Girl Walks Home Alone At Night est de ces œuvres qui prennent des risques et flirte ainsi effrontément avec une multitude de genres : du thriller à la romance, en passant par le fantastique et le western. Sous des dehors aussi variés, le film fait preuve d’une véritable maîtrise scénaristique qui lui évite l’écueil de se perdre dans ses références, de se noyer sous les stéréotypes. Le premier long d’Ana Lily Amirpour est une œuvre riche et ambitieuse qui joue précisément avec les codes et possède un aspect transgressif tout à fait captivant. www.avoir-alire.com

  • Une fille rentre chez elle, seule la nuit. Le pitch, factuel, est dans le titre d’A Girl Walks Home Alone at Night, premier long métrage d’Ana Lily Amirpour. L’argument du long métrage est déjà beaucoup plus curieux : il s’agit d’un film de vampire… iranien. La fille en question porte un tchador mais a aussi des canines aiguisées. En quelques plans, Amirpour distille le mystère autour de cette silhouette noire qui erre dans la nuit, cette ombre expressionniste qui se dessine sur le blanc du trottoir. A Girl Walks Home Alone at Night est remarquable d’abord parce qu’il n’y a pas tant de premiers films qui font preuve d’un tel sens du mystère. (…) C’est un film de vampire, oui, avec toutes les métaphores inhérentes au genre tout en ne suivant pas forcément ses règles. C’est un étrange film féministe où une jeune femme, dans une société déliquescente, surveille et se venge des mauvais hommes – ça pourrait être le sujet d’un drame iranien parfaitement réaliste. C’est une romance, dans laquelle une jeune femme seule contemple avec envie la pomme d’Adam d’un jeune homme – pas simplement parce qu’elle est un vampire, mais parce qu’il est séduisant et qu’elle a envie de le mordre. Et voilé dans une poésie macabre qui semble à première vue très sérieuse, le film parvient aussi à être drôle (notamment grâce à un magnifique chat qui mérite un prix d’interprétation). A Girl Walks Home Alone at Night réussit à être tout cela à la fois et, à partir d’un gimmick qui aurait rapidement pu tourner au film-idée (un vampire en tchador, point), Amirpour varie les registres comme une grande. Le prix de la révélation qu’elle a remporté à Deauville lui va comme un gant. www.filmdeculte.com